L'école des femmes, Le théâtre

Acte 3 scène 5

ARNOLPHE
Comme il faut devant lui que je me mortifie,
Quelle peine à cacher mon déplaisir cuisant.
Quoi pour une innocente, un esprit si présent ?
980 Elle a feint d’être telle à mes yeux la traîtresse ;
Ou le diable à son âme a soufflé cette adresse :
Enfin me voilà mort par ce funeste écrit,
Je vois qu’il a le traître empaumé son esprit,
Qu’à ma suppression il s’est ancré chez elle,
985 Et c’est mon désespoir, et ma peine mortelle,
Je souffre doublement dans le vol de son cœur,
Et l’amour y pâtit aussi bien que l’honneur.
J’enrage de trouver cette place usurpée,
Et j’enrage de voir ma prudence trompée.
990 Je sais que pour punir son amour libertin
Je n’ai qu’à laisser faire à son mauvais destin,
Que je serai vengé d’elle par elle-même :
Mais il est bien fâcheux de perdre ce qu’on aime .
Ciel ! puisque pour un choix j’ai tant philosophé,
995 Faut-il de ses appas m’être si fort coiffé ?
Elle n’a ni parents, ni support, ni richesse,
Elle trahit mes soins, mes bontés, ma tendresse,
Et cependant je l’aime, après ce lâche tour,
Jusqu’à ne me pouvoir passer de cet amour.
1000 Sot, n’as-tu point de honte ? Ah je crève, j’enrage,
Et je souffletterais mille fois mon visage,
Je veux entrer un peu ; mais seulement pour voir
Quelle est sa contenance après un trait si noir.

Une réponse à “Acte 3 scène 5”

  1. Le 20 mai 2014 à 22 h 01 min Pauline H a répondu avec... #

    Comme commentaire on peut proposer :

    1) la jalousie d’Arnolphe (la colère, l’orgueil …)
    2) le tragique (sa souffrance, sentiments contradictoires…)

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